Il y a quelques semaines, on est allé a Mini-Europe avec les jeunes du centre Fedasil de WSP. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Mini-Europe est une sorte de musée en plein air, avec des modèles des attractions et monuments les plus connus de l’Europe. Les jeunes avaient l’air de s’amuser, surtout le fait de prendre des photos ‘touristes’, et d’essayer les parties interactives du parc. C’était une bonne manière de les familiariser avec les différents cultures et paysages qui existent en Europe, et leur a peut-être permis d’apprendre un peu plus sur leur lieu actuel de résidence, et, espérons, leur nouveau domicile.

Je fais du bénévolat avec SB Espoir depuis septembre passé, et c’était une super expérience de pouvoir passer du temps avec les jeunes, et de participer dans les nombreux différentes activités avec eux.

Le travail avec SB, c’était un ‘premier’ pour moi, dans plusieurs sens. J’avais déjà rencontré des réfugiés à Bruxelles, mais la plupart d’eux étaient des adultes, qui avaient déjà passé quelque temps ici, et s’intégraient progressivement dans la vie belge. Mon expérience rencontrant les jeunes avec SB était assez différente – il s’agit de mineurs non-accompagnés, la plupart des adolescents, qui venaient d’arriver à Bruxelles, et essayaient encore de trouver leur place et de s’adapter à cet environnement complètement nouveau. En tant que bénévoles, on est prévenu d’être discrets, et de ne pas trop demander sur le passé, les expériences, ou la vie personnelle des jeunes. Néanmoins, ils sont en général très amicaux, et prêts à partager avec nous. Ainsi, on a entendu beaucoup de leurs histoires. C’est parfois assez absurde d’écouter leurs récits en même temps de faire quelque chose de si banal que peindre ou de jouer à Uno.

Ces histoires sont parfois particulièrement difficiles à écouter, en tant qu’une hongroise.

Quand on est arrivé à la partie hongroise de Mini-Europe, en regardant le modèle de la magnifique Spa de Széchenyi, quelques jeunes dans notre groupe ont entendu que c’était mon pays d’origine. Ils se sont tournés vers moi, et m’ont demandé : ‘Ah, tu viens de la Hongrie ?’. J’ai répondu, oui. Ensuite, l’un d’eux a commencé à partager son histoire avec moi, et les autres autour de nous. Il nous a raconté comment lui et ses amis ont été maltraité à la frontière hongroise, comment la police et les villageois les ont traités. J’écoutais, immobile, et n’ayant pas su qui d’autre à dire, j’ai sorti un ‘C’est un mauvais endroit. Je sais. Je suis désolée.’

C’était une situation inconfortable, mais je me suis pas du tout senti attaqué ou offensé. En fait, j’étais étonnée par le façon insouciant dont ce garçon nous a parlé de cette affaire atroce – plus anecdotique qu’accusatoire. Je suis, bien sûr, conscient de la politique anti-immigratoire qui domine en Hongrie. Ceci est une vérité regrettable que j’admets et je reconnais. Je ne voudrais jamais l’ignorer, ou le mettre à côté, parce que je pense que c’est exactement comme ça que ces problèmes sont normalisés, et qu’ils peuvent persister.

J’ai grandi en Hongrie, et je la considère encore mon ‘chez moi’. J’adore le pays pour son capital animé, toujours un peu différent, et les petites merveilles cachées de la nature. J’adore notre langue étonnamment compliquée, mais très unique et belle. Ça me manque, les plats traditionnels, les traditions bizarres, et la famille et les amis qui me restent là-bas.

Pourtant, je me sens en conflit avec mes pensées, en entendant des histoires comme ça. J’ai honte que ce pays qui pour moi, représente que des beaux souvenirs, était une telle source de douleur pour ces jeunes.

Je me suis rendu compte que, en écoutant ces histoires, j’étais confronté à la réalité de ce qui se passe. J’avais un humain, un enfant devant moi, qui représentait les conséquences des décisions politiques qui ont été prises – une situation que la majorité des hongrois n’ont pas vécue. C’était troublant, humiliant, et émouvant.

J’espère que les jeunes auront l’opportunité de créer des souvenirs heureux, positifs, vivant en Europe, pour compenser toutes les épreuves qu’ils ont vécu pour arriver ici. J’espère qu’ils réussiront à faire leur nouveau domicile ici. J’espère que nous, à SB Espoir, pouvons rendre cette transition un peu plus facile pour eux – à travers le divertissement, l’inclusion, et l’éducation. Je leur souhaite le meilleur, et je suis très heureuse d’avoir pu partager tellement de bons moments avec eux, pendant mon année comme bénévole.

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