Être syrienne en Liban, travaillant avec une ONG pour le soutien des refugiées syriennes

Écrit par Joudy, bénévole à Beyrouth

Être syrienne en Liban, travaillant avec une ONG pour le soutien des refugiées syriennes

Être syrienne en Liban, travaillant avec une ONG pour le soutien des refugiées syriennes

Par Joudy, bénévole à Beyrouth

Vous savez la manière dont une émotion forte vous envahit de temps en temps ? Et peu importe le nombre de fois dont vous vous rappelez que vous êtes encerclé-e-s par des étranger-e-s, et par conséquent vous ne devez pas pleurer : vous pleurez quand même. C’était la manière dont la majorité des autres bénévoles ont fait ma connaissance. C’était pendant la journée de formation. Tout le monde partageait sa raison pour devenir bénévole avec SB Overseas. J’étais par hasard la dernière. J’étais bouleversée – presque émue – par l’amour montré pour le peuple Syrien ; mon peuple. Je ne pouvais pas même parler. J’étais habituée à être une ‘citoyenne de seconde classe’ pendant ces sept dernières années, je ne m’attendais pas à une sincère et absolue positivité de la part d’un groupe d’étranger-e-s, qui venaient de partout dans le monde.

Voilà le début de mon histoire en tant que bénévole à Beyrouth. Avant de venir je ne savais pas à quoi m’attendre, surtout parce que je suis syrienne et que je parle arabe. Pourtant, je peux facilement dire que je ne me suis jamais sentie aussi utile qu’ici, en tant que bénévole. Être capable de parler en arabe m’a facilité toute communication avec mes collègues. Il m’est impossible d’imaginer que je ne puisse recevoir des sandwiches de leur part pendant mes pauses déjeuners. Plus important, cela m’a permis de me connecter différemment avec les étudiant-e-s. J’étais nerveuse à l’idée de parler l’arabe dans la salle de classe. Que faire s’i-e-ls n’apprennent pas ? Que faire si l’arabe devient une béquille ? Mes étudiant-e-s pourraient peut-être apprendre l’anglais plus rapidement avec une enseignante n’ayant pas l’arabe comme première langue. Mais j’apprécie le fait de pouvoir me connecter avec eux d’une certaine manière que des autres ne peuvent pas. J’aime leur inculquer l’idée que les syrien-ne-s peuvent apprendre l’anglais – ce n’est pas impossible. J’aime aussi leur montrer toutes les potentialités qu’ils et elles ont. Peut-être un de ces jours, un-e de mes étudiant-e-s deviendra bénévole pour aider des gens à son tour.

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